Airbnb en copropriété à Amiens : interdiction en 2026

Airbnb en copropriété à Amiens : peut-on interdire la location courte durée en 2026 ?

Votre copropriété peut-elle voter l'interdiction de la location courte durée dans votre immeuble à Amiens ? Oui, depuis le 19 mars 2026 : le Conseil constitutionnel a jugé conforme à la Constitution la règle issue de la loi Le Meur qui permet à une copropriété d'interdire les meublés de tourisme par un vote aux deux tiers des voix.

Elle ne vise que les logements qui ne sont pas des résidences principales, et seulement si le règlement de copropriété interdit déjà toute activité commerciale dans les appartements. Voici comment savoir si votre immeuble est concerné, comment se déroule le vote et ce que vous pouvez faire pour protéger une location courte durée à Amiens.

Réglementation · Copropriété

Décision : 19 mars 2026 QPC n° 2025-1186, conformité totale

Majorité : 2/3 des voix et majorité des copropriétaires

Condition : Clause anti-commerce déjà présente dans le règlement

Résidence principale : Hors champ 120 jours de location par an au plus

À retenir

  • Depuis le 19 mars 2026, une copropriété peut interdire les meublés de tourisme à la double majorité de l'article 26 : la majorité des copropriétaires, représentant au moins deux tiers des voix.
  • L'interdiction n'est possible que si le règlement de copropriété interdit déjà toute activité commerciale dans les lots d'habitation.
  • Les résidences principales ne peuvent pas être visées : leur location reste plafonnée à 120 jours par an, 90 si la commune l'a décidé.
  • Un peu plus d'un tiers des voix suffit à bloquer le vote.
  • Une décision d'assemblée générale se conteste devant le tribunal judiciaire dans les deux mois suivant la notification du procès-verbal.

Que dit la décision du Conseil constitutionnel du 19 mars 2026 ?

Le 19 mars 2026, dans sa décision QPC n° 2025-1186, le Conseil constitutionnel a déclaré conformes à la Constitution, sans réserve, les dispositions de l'article 26 de la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété, dans leur rédaction issue de la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur.

Ces dispositions permettent à l'assemblée générale de modifier le règlement de copropriété pour interdire la location en meublé de tourisme des lots d'habitation qui ne sont pas des résidences principales. Les requérants invoquaient le droit de propriété et la liberté d'entreprendre.

Le Conseil a retenu deux objectifs d'intérêt général, la lutte contre les nuisances liées aux meublés de tourisme et la prévention de la pénurie de logements, et jugé l'atteinte au droit de propriété proportionnée : les copropriétaires gardent la possibilité de louer autrement, en location nue ou en meublé classique.

La règle s'applique désormais sans incertitude constitutionnelle, à Amiens comme partout en France.

Comment se déroule le vote en assemblée générale ?

Avant la loi Le Meur, une telle interdiction exigeait en pratique l'unanimité. Depuis, elle se vote à la double majorité de l'article 26 : la majorité des copropriétaires, qui doivent en plus représenter au moins deux tiers des voix, c'est-à-dire des tantièmes.

Prenons un immeuble amiénois de 20 copropriétaires totalisant 1 000 tantièmes.

Pour que l'interdiction passePour la bloquer
Au moins 11 copropriétaires votent pourPlus d'un tiers des voix contre, abstentions et absents compris
Et ils représentent au moins 667 tantièmesSoit 334 tantièmes

Info : Le seuil se calcule sur les voix de tous les copropriétaires, pas seulement de ceux présents. Un copropriétaire absent et non représenté pèse donc comme un vote défavorable à l'interdiction.

Dans un immeuble où les loueurs et leurs alliés réunissent plus d'un tiers des tantièmes, l'interdiction ne peut pas passer.

Votre règlement permet-il l'interdiction ?

De quoi s'agit-il ?

Le vote aux deux tiers n'est ouvert que si le règlement de copropriété interdit déjà toute activité commerciale dans les lots qui ne sont pas spécifiquement destinés au commerce. On parle souvent de clause d'habitation bourgeoise exclusive.

Une clause d'habitation bourgeoise simple, qui tolère les professions libérales, ne suffit pas nécessairement : c'est bien l'interdiction de toute activité commerciale qui ouvre le vote. Les juristes discutent d'ailleurs encore la question de savoir si un meublé de tourisme sans services annexes constitue une activité commerciale.

Comment vérifier ?

Demandez à votre syndic une copie à jour du règlement et de ses modificatifs, ou consultez-les au service de la publicité foncière. Cherchez les mentions « usage exclusif d'habitation », « habitation bourgeoise exclusive » ou « toute activité commerciale est interdite ». En cas de doute, un avocat en droit immobilier peut lire la clause pour vous.

À noter : pour les règlements établis depuis le 21 novembre 2024, la loi impose d'indiquer explicitement si la location en meublé de tourisme est autorisée ou interdite. Dans une copropriété récente, la réponse est donc écrite noir sur blanc.

Sans clause interdisant le commerce, votre copropriété ne peut pas utiliser le vote aux deux tiers.

Résidence principale ou secondaire : qui est concerné ?

Seuls les logements loués en meublé de tourisme qui ne sont pas la résidence principale du propriétaire peuvent être visés par l'interdiction. La résidence principale est le logement occupé au moins huit mois par an.

  • Résidence principale : la copropriété ne peut pas en interdire la location. Celle-ci reste plafonnée à 120 jours par an, et le maire peut abaisser ce plafond jusqu'à 90 jours. Au 21 septembre 2026, nous n'avons pas relevé de délibération de ce type à Amiens.
  • Résidence secondaire ou investissement locatif : le vote aux deux tiers s'applique pleinement si le règlement contient la clause.

La loi Le Meur ajoute une obligation : le copropriétaire qui déclare un meublé de tourisme en mairie doit en informer le syndic, qui inscrit un point d'information à l'ordre du jour de l'assemblée générale suivante (article 9-2 de la loi de 1965). À Amiens, cette déclaration se fait sur Declaloc, le portail d'Amiens Métropole.

Si vous louez un logement qui n'est pas votre résidence principale, dans un immeuble dont le règlement interdit le commerce, vous êtes exposé.

Que risquez-vous si vous louez malgré un vote ?

Le risque juridique

Une fois adoptée, la modification du règlement s'impose à tous les copropriétaires. Si vous continuez à louer en meublé de tourisme, le syndicat des copropriétaires peut saisir le tribunal judiciaire pour faire respecter le règlement et obtenir la cessation de la location, le cas échéant sous astreinte.

Le risque financier

Le syndicat ou des voisins peuvent aussi demander réparation du préjudice subi. S'y ajoute la perte des revenus de la location courte durée, à compenser par une location nue ou un meublé classique.

La décision d'assemblée générale peut être contestée devant le tribunal judiciaire dans les deux mois qui suivent la notification du procès-verbal (article 42 de la loi de 1965). Passé ce délai, elle est définitive.

Louer malgré une interdiction votée expose à une procédure et à la perte de l'activité : tout se joue avant le vote.

Cinq actions pour sécuriser votre location à Amiens

  • Lisez votre règlement de copropriété. Sans clause interdisant toute activité commerciale, le vote aux deux tiers ne vous concerne pas.
  • Informez le syndic si vous avez déclaré votre meublé, comme l'exige la loi : un loueur en règle est mieux écouté en assemblée générale.
  • Surveillez les convocations. Si l'interdiction est inscrite à l'ordre du jour, comptez les tantièmes : un peu plus d'un tiers des voix suffit à la bloquer.
  • Supprimez les motifs de plainte. Bruit, arrivées tardives, poubelles, clés perdues : ce sont ces nuisances qui font voter les voisins. Des règles claires et une relation voyageurs suivie par un professionnel les réduisent.
  • Pour un nouvel achat, choisissez l'immeuble. Monopropriété, maison, ou règlement autorisant explicitement les meublés de tourisme. Et comparez avec la location classique grâce à notre calcul du prix plancher.

Un règlement lu, un syndic informé et des voisins sans sujet de plainte : voilà les vraies protections contre un vote d'interdiction.

Propriétaire à Amiens : réduire le risque de vote

Autour de la cathédrale Notre-Dame, à Saint-Leu ou près de la gare, la plupart des meublés de tourisme se trouvent en copropriété. Ce sont les nuisances répétées qui poussent un immeuble à voter l'interdiction.

Depuis 2018, notre conciergerie Airbnb à Amiens gère plus de 20 logements avec une note de 4,8/5 : arrivées encadrées, règles de la maison claires, ménage et suivi après chaque séjour.

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Questions fréquentes

Oui, si le règlement interdit déjà toute activité commerciale dans les lots d'habitation et si le vote réunit la majorité des copropriétaires représentant au moins deux tiers des voix. Le Conseil constitutionnel a validé cette règle le 19 mars 2026.

Non. La copropriété ne peut pas viser les résidences principales. Leur location reste limitée à 120 jours par an, sauf si la commune abaisse ce plafond, jusqu'à 90 jours au minimum.

La copropriété ne peut pas utiliser le vote aux deux tiers pour interdire la location touristique. Votre activité n'est pas menacée par ce mécanisme.

Oui, devant le tribunal judiciaire, dans les deux mois suivant la notification du procès-verbal d'assemblée générale. Le recours ne peut plus porter sur la constitutionnalité de la loi, tranchée le 19 mars 2026.

Oui. Depuis la loi Le Meur, le copropriétaire qui déclare un meublé de tourisme doit en informer le syndic, qui en fait un point d'information à la prochaine assemblée générale.

Sources

Article mis à jour le 21 septembre 2026.

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